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Défense européenne, Vladimir Poutine, 14-Juillet... Ce qu'il faut retenir de l'interview exclusive de Volodymyr Zelensky à BFMTV

Jul 14, 2026  Twila Rosenbaum  5 views
Défense européenne, Vladimir Poutine, 14-Juillet... Ce qu'il faut retenir de l'interview exclusive de Volodymyr Zelensky à BFMTV

À la veille du traditionnel défilé du 14-Juillet sur les Champs-Élysées, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accordé une interview exclusive à BFMTV depuis Kiev. Ce lundi, Emmanuel Macron réunit à Paris un sommet de la coalition des volontaires pour l'Ukraine, en présence de Zelensky. L'entretien, très attendu, aborde plusieurs thèmes fondamentaux : l'unité européenne, l'évolution du conflit, les capacités militaires ukrainiennes, un ambitieux projet de défense antimissile balistique européen, et les perspectives de cessez-le-feu.

Un défilé du 14-Juillet comme symbole d'unité

Volodymyr Zelensky a exprimé sa gratitude envers la France pour avoir invité 25 combattants ukrainiens à défiler aux côtés de soldats issus d'une cinquantaine de nations alliées au sein de la coalition des volontaires. « C'est formidable d'avoir invité des représentants de l'Ukraine, de son armée, ses forces. Merci beaucoup », a-t-il déclaré, soulignant que cet acte était « un très bon signal » d'unité. Selon lui, si la guerre semble lointaine pour les Français, c'est parce que son pays « est en train de défendre la sécurité en Europe ». Il a rappelé que la paix a un prix que seuls ceux qui ont vécu la guerre peuvent comprendre : « C'est juste la vie ordinaire que vous pouvez perdre en une seule journée. »

La participation ukrainienne au défilé, a-t-il ajouté, est « un honneur » et une reconnaissance des sacrifices de son armée. Ce geste fort intervient dans un contexte où l'unité occidentale est mise à l'épreuve par les revendications russes et les tensions politiques internes.

Russie : perte d'initiative mais pas de défaite

Interrogé sur l'évolution du champ de bataille, Zelensky a livré une analyse nuancée : « Les Russes ont perdu l'initiative sur le champ de bataille, attention, ils n'ont pas perdu la guerre, mais ils ont perdu l'initiative. » Selon lui, depuis le début de l'année, les forces russes ont avancé lentement, mais au prix de 150 000 hommes pour seulement 50 kilomètres de gain territorial. « C'est ça la vraie guerre », a-t-il insisté, dénonçant l'utilisation massive de missiles balistiques par Vladimir Poutine pour démontrer sa détermination.

Cette déclaration reflète une situation militaire complexe : si l'Ukraine a réussi à stopper l'offensive russe sur plusieurs axes, les combats restent intenses, notamment dans l'Est et le Sud. L'initiative stratégique semble avoir changé de camp, mais la guerre d'usure continue, chaque mètre de terrain étant âprement disputé. Les pertes russes, bien que lourdes, sont compensées par une capacité de mobilisation et une production d'armement soutenue.

L'Ukraine, l'une des armées les plus puissantes du monde

Zelensky a souligné les progrès considérables de l'industrie de défense ukrainienne. « Nous avons désormais l'armée la plus forte, ou l'une des plus fortes dans le monde, mais elle fait face aux conditions les plus dures », a-t-il affirmé. Il a énuméré les équipements désormais produits localement : drones, artillerie, blindés, canons de 155 mm. « On produit tout maintenant », a-t-il déclaré, insistant sur la doctrine strictement défensive de son pays : « Notre doctrine est de chercher à nous défendre. Pas de chercher à occuper, c'est la défense. »

Cette montée en puissance résulte de l'adaptation face à l'agression russe. L'Ukraine a transformé son secteur civil en industrie de guerre, avec des centaines d'entreprises produisant des drones FPV, des missiles longue portée, et des systèmes terrestres. La fabrication de munitions est également devenue une priorité nationale, réduisant la dépendance à l'aide étrangère. Cependant, Zelensky a rappelé que la capacité défensive reste insuffisante face à l'arsenal russe, d'où la nécessité d'une aide internationale continue.

Un projet de défense antimissile balistique européen

L'un des annonces majeures de l'interview concerne un projet 100 % européen de bouclier antimissile balistique. Zelensky a averti que « la Russie a des missiles balistiques très forts et qu'ils ont ou qu'ils auront bientôt la possibilité d'envoyer à 5 000 kilomètres. C'est juste une question de temps. » Pour y faire face, l'Ukraine travaille avec huit pays, dont la France, la Suède, le Danemark, l'Italie et la Norvège, sur un système commun. « C'est comme un Lego, un Lego antibalistique », a-t-il expliqué, ajoutant que les tests devraient aboutir d'ici 2026.

Ce système serait moins coûteux que les Patriot américains, tout en offrant une protection similaire. « Si nous voulons une Europe en sécurité, avec un bouclier aérien très solide, pas juste pour quelqu'un, mais pour tout le monde, il faudra que quelqu'un paie, que quelqu'un produise, que quelqu'un vende », a-t-il conclu. Cette initiative s'inscrit dans une vision plus large de défense européenne autonome, un sujet récurrent depuis l'invasion russe. Alors que les États-Unis se montrent parfois hésitants, l'Europe cherche à renforcer sa propre capacité de dissuasion.

Cessez-le-feu : possible mais difficile

Sur le front diplomatique, Zelensky a évoqué la possibilité d'un cessez-le-feu, tout en soulignant les obstacles majeurs. « On a besoin de finir cette guerre. Et il y a une partie, la Russie, qui n'en veut pas. Ils le montrent juste par des mots. » En référence aux cessez-le-feu violés par le passé, il a qualifié Vladimir Poutine de « menteur » lorsqu'il s'agit de trêve, car « il a besoin d'une victoire ». Un cessez-le-feu reste « très difficile » à tenir, mais « peut arriver », a-t-il nuancé.

Selon Zelensky, la Russie n'acceptera un cessez-le-feu que si elle peut le présenter comme une victoire. Or, ses objectifs initiaux – prise de Kiev, renversement du gouvernement – sont loin d'être atteints. Les négociations indirectes, par l'intermédiaire de médiateurs, n'ont pas abouti. L'Ukraine insiste sur des garanties de sécurité crédibles avant toute trêve, craignant une nouvelle invasion après un répit.

Risque d'escalade et appel à la vigilance

Le président ukrainien a exprimé sa crainte d'une escalade du conflit si Poutine ne parvient pas à remporter une victoire claire. « Il va devenir très dangereux, et pas seulement pour nous », a-t-il prévenu, ajoutant que le dirigeant russe pourrait « tenter d'occuper un autre endroit, d'autres personnes et tuer à nouveau, tuer des gens ». Il a également envisagé la possibilité que la Russie implique davantage de pays dans la guerre.

Ce scénario est pris très au sérieux par les chancelleries européennes. La guerre en Ukraine a déjà des répercussions mondiales en termes de sécurité alimentaire, énergétique et de stabilité nucléaire. L'OTAN a renforcé son flanc est, mais une extension du conflit à d'autres pays, comme les États baltes ou la Moldavie, reste un risque non négligeable.

Le rôle crucial de la France

Zelensky a tenu à saluer le soutien d'Emmanuel Macron, qu'il a qualifié de « très important ». « La France et certains autres leaders ont beaucoup plaidé pour notre cause. Ils ont poussé pour plus de soutien à l'Ukraine », a-t-il rappelé. Il a également lancé un appel au futur chef de l'État français, quel qu'il soit, pour qu'il « ne détruise pas ce qui a été construit » en quatre années de guerre.

La France a fourni des armes, notamment des canons Caesar, des missiles Scalp, et participe à la formation des soldats ukrainiens. Elle a également été à l'initiative de plusieurs coalitions thématiques, comme celle pour l'artillerie ou la défense aérienne. Alors que des élections présidentielles approchent, la continuité de ce soutien est cruciale pour Kiev. Zelensky a insisté sur le rôle des médias pour rappeler aux citoyens européens pourquoi l'aide à l'Ukraine est nécessaire, car « les gens oublient » cette guerre quotidienne.

En conclusion naturelle de l'entretien, le président ukrainien a réaffirmé que son pays défend non seulement son propre territoire, mais aussi les valeurs de liberté et de sécurité de toute l'Europe. La journée du 14-Juillet, avec le défilé des soldats ukrainiens, symbolise cette lutte commune.


Source: MSN News


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