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Arabie saoudite-Egypte : Mohamed Salah marque… mais ne fête pas son but

Jul 05, 2026  Twila Rosenbaum  7 views
Arabie saoudite-Egypte : Mohamed Salah marque… mais ne fête pas son but

L'Égypte était déjà éliminée de la Coupe du monde 2018 avant le coup d'envoi de son dernier match de groupe contre l'Arabie saoudite, ce lundi. Pourtant, tous les regards étaient braqués sur Mohamed Salah, le leader des Pharaons. Et comme souvent, l'attaquant de Liverpool a répondu présent en marquant un but magnifique dès la 22e minute. Mais une fois le ballon au fond des filets, une scène surprenante s'est déroulée : Salah n'a pas célébré. Visage impassible, il a simplement attendu que ses coéquipiers viennent le féliciter, sans aucune expression de joie. Ce geste, ou plutôt cette absence de geste, en dit long sur l'état d'esprit du joueur et les tensions qui règnent au sein de la sélection égyptienne.

Un but qui aurait dû être synonyme de liesse

Le but de Salah était pourtant magnifique. Profitant d'une erreur de la défense saoudienne, il a pris de vitesse son vis-à-vis avant de lober le gardien Yasser al-Mosailem d'un piqué délicieux. C'était son deuxième but dans ce Mondial, après un penalty marqué contre la Russie (défaite 1-3). Mais surtout, c'était son premier but dans le jeu depuis le début de la compétition. Un moment qui aurait dû être synonyme de joie et de soulagement pour un joueur qui porte sur ses épaules tout un peuple. Au lieu de cela, Salah a affiché une froideur qui n'est pas passée inaperçue.

Des rumeurs de départ qui se confirment

Cette réserve apparente trouve son explication dans les informations révélées par les chaînes américaines CNN et ESPN. Selon ces médias, l'attaquant de Liverpool envisagerait très sérieusement de quitter la sélection nationale. Non pas à cause des mauvais résultats des Pharaons, mais en raison de la récupération politique dont il fait l'objet. En Égypte, Salah est devenu une figure politique malgré lui. Son image est utilisée par le pouvoir en place, notamment dans des campagnes de communication, ce qui déplaît fortement au joueur. Ce dernier souhaiterait se concentrer uniquement sur le football et ne pas être mêlé à des enjeux politiques qui le dépassent.

La fédération égyptienne, de son côté, réfute avec vigueur ces accusations. Pour elle, une telle défection serait dramatique. Salah est non seulement le meilleur joueur de l'histoire du pays, mais aussi un symbole d'espoir pour des millions d'Égyptiens. Son départ laisserait un vide immense, tant sur le plan sportif que médiatique. Pourtant, les signes de tensions se multiplient. Déjà avant le Mondial, Salah avait été au centre d'une polémique concernant son absence de certains rassemblements et des désaccords sur les conditions d'entraînement.

Le poids des attentes et du contexte politique

Pour comprendre la situation, il faut remonter à l'épopée de l'Égypte lors de la Coupe du monde 2018. Les Pharaons, emmenés par leur star, avaient réussi à se qualifier pour la première fois depuis 1990. Ce parcours avait fait de Salah une icône nationale. Le pays tout entier était derrière lui. Mais très vite, les choses se sont gâtées. Les résultats en Russie ont été décevants : deux défaites contre l'Uruguay et la Russie, puis ce match nul contre l'Arabie saoudite. L'équipe a montré un jeu limité, souvent dépendant des exploits individuels de Salah. Les critiques ont fusé, notamment envers la fédération et le sélectionneur.

Parallèlement, la présidence égyptienne a tenté d'utiliser l'image de Salah à des fins politiques. Que ce soit lors de campagnes électorales ou pour redorer l'image du pays, le joueur de Liverpool est devenu un outil de propagande. Salah, qui se veut apolitique, a mal vécu cette instrumentalisation. Selon des proches, il aurait même reçu des pressions pour prendre position sur certains sujets, ce qu'il a refusé de faire. Cette situation l'aurait poussé à envisager un départ définitif de la sélection, une décision radicale mais compréhensible pour un homme qui veut préserver son intégrité.

L'impact sur l'équipe d'Égypte

Si Mohamed Salah venait à quitter la sélection, ce serait un coup dur pour le football égyptien. Au-delà de son talent indéniable, il incarne le leadership sur le terrain. Son absence se ferait sentir dans le vestiaire, où son charisme et son expérience sont des atouts précieux. Les jeunes joueurs le considèrent comme un modèle. Sans lui, l'Égypte perdrait non seulement son meilleur buteur, mais aussi un meneur d'hommes. La fédération, consciente de cet enjeu, tente de le convaincre de rester. Mais les relations semblent compromises.

Ce conflit n'est pas sans rappeler d'autres situations similaires dans le football africain. Samuel Eto'o au Cameroun, Didier Drogba en Côte d'Ivoire ou encore George Weah au Libéria ont tous connu des tensions avec leurs fédérations respectives. Ces joueurs, stars mondiales, portent un poids énorme sur leurs épaules. Ils sont souvent considérés comme des sauveurs, mais aussi comme des cibles politiques. Salah se trouve aujourd'hui à un carrefour : continuer à servir son pays malgré les ingérences, ou tourner le dos pour préserver sa carrière et sa santé mentale.

Le match contre l'Arabie saoudite : une rencontre anodine mais révélatrice

Le match proprement dit n'avait aucun enjeu sportif. L'Égypte et l'Arabie saoudite étaient déjà éliminées. Mais pour Salah, c'était l'occasion de montrer son professionnalisme. Il a marqué, mais son manque de célébration en a dit long. Certains observateurs ont interprété ce geste comme une marque de respect envers ses coéquipiers saoudiens ou comme une simple fatigue. Mais avec les révélations qui ont suivi, il apparaît plutôt comme un message adressé à sa fédération et aux autorités égyptiennes. Salah ne veut plus être un pion politique. Il veut juste jouer au football.

Cette attitude a été largement commentée sur les réseaux sociaux. Les fans égyptiens, partagés, comprennent sa position mais redoutent son départ. Beaucoup estiment que la fédération doit faire des efforts pour apaiser les tensions. D'autres, plus radicaux, accusent Salah de trahison. Mais la majorité exprime son soutien à celui qui a redonné vie au football égyptien. En 2018, l'équipe nationale était au plus bas. L'arrivée de Salah, ses performances en Premier League et sa Ligue des champions remportée avec Liverpool ont relancé l'intérêt pour le sport dans le pays.

Les enjeux pour l'avenir

Que va-t-il se passer maintenant ? La Coupe du monde 2018 se termine, mais les conséquences de ce conflit pourraient durer. La fédération égyptienne doit rapidement trouver une solution pour retenir son joueur vedette. Cela passe par des garanties sur son autonomie et son non-engagement politique. De son côté, Salah doit peser le pour et le contre. Quitter la sélection serait une décision grave, qui pourrait ternir son image auprès de certains supporters. Mais rester dans un environnement toxique risquerait d'affecter ses performances en club.

Sur le plan sportif, l'Égypte a besoin de se reconstruire. Les éliminatoires de la Coupe d'Afrique des Nations 2021 approchent. Si Salah est présent, l'équipe aura une chance de briller. Sans lui, ce sera plus difficile. D'autres joueurs talentueux comme Mahmoud Trezeguet ou Ahmed Hegazi pourraient prendre le relais, mais aucun n'a le même impact. Le football égyptien doit aussi tirer les leçons de cette crise : mieux gérer ses stars, éviter les dérives politiques et créer un environnement sain pour les joueurs.

Retour sur la carrière de Mohamed Salah

Né en 1992 à Gharbeya, Mohamed Salah a commencé sa carrière à l'El Mokawloon avant de rejoindre le FC Bâle en Suisse. C'est là qu'il s'est révélé sur la scène européenne. Après un passage à Chelsea, où il a peu joué, il a relancé sa carrière à la Fiorentina puis à l'AS Rome. En 2017, il signe à Liverpool pour un montant record à l'époque (environ 42 millions d'euros). Dès sa première saison, il marque 44 buts toutes compétitions confondues, remporte le soulier d'or de la Premier League et emmène Liverpool en finale de la Ligue des champions. La saison suivante, il gagne la C1 et termine meilleur buteur de la compétition. Ses performances lui valent d'être classé parmi les meilleurs joueurs du monde, avec Messi et Ronaldo.

Avec l'Égypte, Salah a disputé deux Coupes du monde (2018 et 2022) et plusieurs Coupes d'Afrique. Il a mené son pays en finale de la CAN 2017 et 2021, mais sans parvenir à la victoire. Son palmarès en sélection est maigre, mais son apport est immense. Il est le meilleur buteur de l'histoire des Pharaons et un capitaine respecté. Sa relation avec la fédération a toujours été complexe, mais jamais elle n'avait été aussi tendue qu'en 2018.

Les coulisses d'un malaise

Selon des sources proches du joueur, le malaise a commencé bien avant le Mondial. Salah aurait été mécontent des conditions de préparation, notamment des choix de l'entraîneur et du manque de soutien logistique. De plus, il se serait senti utilisé par le régime pour masquer les problèmes économiques et sociaux du pays. La goutte d'eau aurait été l'utilisation de son image dans une campagne de soutien au président Abdel Fattah al-Sissi. Salah, qui a toujours refusé de s'engager politiquement, aurait demandé à ce que son nom soit retiré de cette campagne, sans succès. Depuis, il aurait pris ses distances avec la fédération et envisagé de mettre fin à sa carrière internationale.

Cette situation est d'autant plus délicate que Salah est un modèle pour la jeunesse égyptienne. Son parcours, du petit village à la gloire mondiale, inspire des millions de jeunes. Les voir se détourner du football à cause de la politique serait une perte immense. La fédération doit donc agir vite pour rétablir la confiance. Mais le temps presse. La prochaine trêve internationale aura lieu en septembre 2018 pour les éliminatoires de la CAN. Si Salah ne répond pas présent, le message sera clair.

En attendant, les supporters égyptiens retiennent leur souffle. Ils espèrent que leur héros poursuivra l'aventure en sélection, malgré les difficultés. Car au-delà des tensions, il y a l'amour du maillot et le désir de voir l'Égypte briller à nouveau sur la scène internationale. Ce but sans célébration restera peut-être comme un symbole de ces temps troublés. Mais Salah a encore beaucoup à donner. Reste à savoir si la fédération saura le préserver pour qu'il puisse continuer à faire rêver tout un pays.

Le match contre l'Arabie saoudite s'est soldé sur un score de parité (2-2 après un but saoudien en fin de match). Mais l'histoire retiendra surtout ce geste, ou plutôt cette absence de geste, de Mohamed Salah. Un moment qui en dit plus long que tous les discours.


Source: leparisien.fr News


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